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Les Carnets du Lépidoptériste Français

Pieridae Coliadinae

Gonepteryx rhamni L.

Le Citron

Nourriture de la chenille : Rhamnus


Références : Liste Leraut 1997 : n°3324 / Guide Robineau (2007) : -

Gonepteryx rhamni L. adulte - ©Philippe Mothiron
Mâle, Chapet (Yvelines), 30 mars 2004. Photo Philippe Mothiron.
Gonepteryx rhamni L. adulte - ©Philippe Mothiron Gonepteryx rhamni L. adulte - ©Philippe Mothiron Gonepteryx rhamni L. adulte - ©Philippe Mothiron Gonepteryx rhamni L. adulte - ©Philippe Mothiron  Chenille de Gonepteryx rhamni L. - ©Philippe Mothiron  Chenille de Gonepteryx rhamni L. - ©Philippe Mothiron  Oeuf de Gonepteryx rhamni L. - ©Philippe Mothiron  Oeuf de Gonepteryx rhamni L. - ©Philippe Mothiron  Oeuf de Gonepteryx rhamni L. - ©Philippe Mothiron

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Gonepteryx_rhamni (© Philippe Mothiron)
Comment le reconnaître ?

Si l’on est en présence d’un mâle, impossible de se tromper ! Il n’existe en France aucun autre papillon possédant cette belle couleur jaune vif. Une couleur qui, soit dit en passant, n’apparaît vraiment que lorsque le papillon est en vol... car lorsqu’il est posé (voir photo ci-dessus), notre Citron se transforme aussitôt en feuille, repliant ses ailes les unes contre les autres, au grand désespoir du photographe qui doit se contenter du jaunâtre plus terne de leur face inférieure. Bien sûr, les photographes ingénieux pourront se placer à contre-jour, ce qui permettra d’entrevoir la couleur cachée par transparence...

Même sans rechercher le contrejour, on restera tout de même admiratif devant la plastique mimétique de cette espèce, dont les nervures en relief et les contours subtilement falqués lui permettent de se fondre totalement, au repos, dans un décor végétal.

Si nous avons affaire à une femelle, les choses se corsent un peu... C'est souvent le cas chez les papillons, les mâles ne pensent qu'à être reconnus de loin, mais les femelles jouent la discrétion... c'est qu'elles doivent vivre cachées, le plus longtemps possible, pour disséminer un maximum de leurs oeufs !
Madame Citron joue plutôt à la Piéride du Chou. En vol, elle apparaît presque blanche. En réalité, c’est une sorte de vert-blanchâtre très pâle. Bien sûr, dès qu’elle est posée, on découvre la supercherie (pour les mâles, elle devient même une super chérie...). Car une fois les ailes repliées, notre femelle n’est pas très différente de notre mâle de tout à l’heure. Tout juste apparaît-elle un peu plus pâle.

Dès lors, si vous vous trouvez au nord de la Loire, vous pourrez bien être certain d’être en présence de Madame Citron. Mais si vous vous trouvez dans le sud de la France, attention : Madame Citron a une cousine provençale qui lui ressemble beaucoup : le Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra). Ces messieurs ne se confondent guère (le mâle du Citron de Provence a de grandes plages orangées sur le dessus des ailes antérieures), mais pour les femelles c’est une autre histoire... Et pour ne rien arranger, en général on trouve les deux espèces aux mêmes endroits et aux mêmes époques.

Gonepteryx_rhamni (© Philippe Mothiron)

En haut, Citron femelle.


En bas, Citron de Provence femelle.


Le Citron de Provence femelle possède des ailes un peu plus larges et une suffusion orange pâle, surtout aux ailes postérieures.

Où, quand, comment le rencontrer en France ?

Comment ne pas le rencontrer, pourrait-on dire ? Le Citron est en effet répandu dans toutes les régions de France. On le trouve de préférence dans les secteurs forestiers ou arbustifs, où croissent ses plantes nourricières, mais il s’éloigne assez fréquemment de ses milieux de reproduction. En montagne, il peut se rencontrer jusqu’à plus de 2000 mètres d’altitude.

Quant à l’époque de vol, elle est particulièrement étendue, puisque le Citron peut se rencontrer pratiquement toute l’année à l’état de papillon. C’est en juillet que les imagos éclosent, et ils vont ensuite passer tout l’hiver suivant à l’état de papillon, ne se reproduisant qu’au printemps suivant. Pendant l’hiver, les Citrons se dissimulent surtout dans les feuilles de Lierre, où leur camouflage leur permet de passer inaperçus. Certains survivront encore jusqu’en mai-juin, selon la latitude ou l’altitude. Eh oui, toute l’année couverte en une seule génération !

Pour survivre aussi longtemps, il va de soi que le Citron doit se nourrir énormément... et se reposer beaucoup. Eh oui, champion de longévité, il est aussi champion de la sieste (un exemple à méditer). Son existence comprend deux périodes de léthargie, une en été et l’autre en hiver, pendant laquelle il vit au ralentit pour limiter ses dépenses énergétiques. Le reste du temps, il constitue et reconstitue ses réserves. Au début de l’été et en automne, on le trouvera donc fréquemment occupé à butiner des fleurs nectarifères comme les Buddleias, les Oeillets, les Scabieuses, les Ronces, les Lavandes, ou diverses Légumineuses. Au printemps, on rencontrera les couples dans les sous-bois, tout à leurs parades nuptiales, et bien sûr, suite logique, on observera souvent les femelles occupées à pondre sur les bourgeons des plantes-hôtes.

Premiers états

Il est très facile d’observer les premiers états du Citron, dès lors que l’on sait où trouver ses plantes nourricières. Celles-ci sont diverses plantes du genre Rhamnus, et principalement la Bourdaine (R. frangula) et le Nerprun (R. carthatica).

La Bourdaine vit plutôt dans les clairières et lisières des forêts humides, tandis que le Nerprun se rencontre en général dans les friches arbustives sèches. De cette façon, le Citron peut s’adapter à des milieux assez variés.

L’oeuf est pondu isolément sur les jeunes pousses de la plante nourricières. Il est donc assez facile de le trouver, car à cette époque aucune végétation ne le dissimule. Il est d’abord vert pâle (couleur de la femelle...), il vire rapidement au jaune (couleur du mâle...).

Gonepteryx_rhamni (© Philippe Mothiron)

La petite chenille s’installe entre les nervures des jeunes feuilles, et signale sa présence par une « écumoire » caractéristique. Puis lorsque les feuilles sont suffisamment développées elle s’installe sur la face supérieure, où elle s’assure par un fin tapis de soie sur la nervure principale.

Gonepteryx_rhamni (© Philippe Mothiron)

Sur la photo on voit des gouttelettes perler au bout de ses soies. Nous ne savons pas quelle est la fonction de ce liquide. Est-il à usage défensif ?

Gonepteryx_rhamni (© Philippe Mothiron)

Dès lors, la chenille mène le plus clair de son existence larvaire près du pétiole, sur la nervure centrale, la partie antérieure du corps arquée et légèrement détachée de son support. Sa partie dorsale est plus foncée que ses flancs, de sorte que dans la lumière sa silhouette tend à s’aplatir et à disparaître à la vue des observateurs.

La chrysalide verte, de type succinct, est généralement suspendue sous une feuille... avant de libérer le papillon, au bout de deux semaines environ. Pressé, le Citron !