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Les Carnets du Lépidoptériste Français

Geometridae Ennominae

Dyscia royaria Tautel & Billi ( = Dyscia raunaria royaria)

La Fidonie de la Roya

Nourriture de la chenille : Artemisia alba (= camphorata).


Références : Liste Leraut 1997 : - / Guide Robineau (2007) : n°721b

Dyscia royaria Tautel & Billi adulte - ©Claude Tautel
Alpes-Maritimes, 5 août 2007. Photo Claude Tautel.
Dyscia royaria Tautel & Billi adulte - ©Claude Tautel Dyscia royaria Tautel & Billi adulte - ©Antoine Levêque Dyscia royaria Tautel & Billi adulte - ©Antoine Levêque Dyscia royaria Tautel & Billi adulte - ©Antoine Lévêque  Chenille de Dyscia royaria Tautel & Billi - ©Claude Tautel  Chenille de Dyscia royaria Tautel & Billi - ©Claude Tautel  Chenille de Dyscia royaria Tautel & Billi - ©Claude Tautel

Etat carte : à jour

A propos des cartes


Répartition française : Pour l'instant connue uniquement des Alpes-Maritimes (Bassin de la Roya). Par ailleurs largement répandue en Italie (Appennins).

Commentaires : Statut controversé. Taxon décrit comme bonne espèce en 2006 d'après deux mâles et trois femelles des Alpes-Maritimes. Description originale parue dans le Bulletin de la SEF de décembre 2006. Se distingue aisément de D. conspersaria par les genitalia. Les pointillés postmédians du dessus des antérieures sont réguliers, sans tache sombre au tornus. Premiers stades décrits en 2008 (oreina n°3 : 17-23). Fauna Europaea a ramené cette entité au rang de sous-espèce de D. raunaria mais des différences constantes avec D. raunaria ont été mises en évidence dans les genitalia (forme de l'édéage).

Bibliographie espèce :

Pour en savoir plus...

Dyscia raunaria royaria Tautel et Billi, 2006. Photo Frédéric Rymarczyk

(Photo Frédéric Rymarczyk)

Comment le reconnaître ?

A première vue, ce Géomètre, d’une envergure de 35-37 mm, ressemble à Dyscia conspersaria, une Fidonie méridionale déjà peu fréquente.

Elle est d’une couleur blanchâtre, avec un point cellulaire noir généralement bien marqué sur les antérieures, et une série de pointillés noirs submarginaux.

La différence avec Dyscia conspersaria n’est pas évidente au premier coup d’oeil, et sur certains exemplaires on n’arrivera pas à trancher de façon sûre. Toutefois, en général, Dyscia conspersaria est un peu plus luisant et présente une tache noire plus ou moins marquée au tornus des ailes antérieures.

Bien sûr, les fous de la dissection essaieront d’aller plus loin et là, ils n’auront plus aucune hésitation car les pièces génitales de Dyscia royaria sont vraiment très différentes de celles de Dyscia conspersaria. Elles ont été figurées dans le Bulletin de la Société entomologique de France de décembre 2006 (où est parue la description originale).

Ajoutons que le statut de ce taxon est encore en discussion. La plupart des auteurs en font une sous-espèce de Dyscia raunaria, une espèce jusqu'alors non citée de France, mais présente dans le secteur des lacs italiens, puis en Croatie et en Grèce. D'autres auteurs en font une espèce distincte, en s'appuyant sur des différences légères dans les genitalia et dans l'écologie (D. raunaria n'est pas signalé en altitude).

Où, quand, comment le rencontrer ?

Ce Géomètre n'est connu que de quelques localités du bassin de la Roya (secteur de Tende, Alpes-Maritimes).

Il semble n’avoir qu’une seule génération annuelle, car il n’a été observé que vers fin juillet- début août. La période de vol semble même assez courte. Il recherche les milieux arides vers 1000 - 1500 mètres d’altitude.

Il ne semble pas rare dans ses stations, mais il faut s’armer de patience et de café pour l’attirer à la lumière, car comme tous les Dyscia, il vole très tardivement : compter deux heures du matin pour la femelle, et cinq heures pour le mâle. Avis aux insomniaques...

Premiers états.

Sa biologie est connue depuis peu, grâce aux travaux de Claude Tautel et d'autres entomologistes (oreina n°3, 2008). Il semble que sa plante-hôte exclusive soit Artemisia alba (= camphorata). Dans la nature, les imagos n'ont été rencontrés que dans des localités où existaient de fortes concentrations de cette plante. Les chenilles n'ont été trouvées que sur cette plante. Enfin, des tentatives d'élevage sur Artemisia absinthium ont échoué.

Les oeufs sont pondus en petits paquets alignés sur la plante-hôte. Ils sont allongés, presque rectangulaires, de couleur ivoire au début, puis ils changent plusieurs fois de couleur avant d'éclore, une dizaine de jours plus tard.

Les jeunes chenilles sont vertes, avec des bandes longitudinales pourpres puis très rapidement elles deviennent jaunâtres ou ocres, avec de fines stries longitudinales. Au troisième stade, elles mesurent environ 18 millimètres et sont devenues grisâtres. Une petite fourche apparaît sur leur appendice caudal et surtout on note une pointe proéminente sur l'avant-dernier segment. Ces caractéristiques se maintiendront jusqu'à leur nymphose. Mais nous n'en sommes pas encore là : nous ne sommes qu'en octobre et l'hiver arrive. La chenille va entrer en hibernation, bien camouflée dans sa livrée grise sur les rameaux secs de la plante. D'octobre à avril de l'année suivante, elle ne prendra pratiquement aucune nourriture. Puis elle achèvera sa croissance de fin avril à fin juin. Son activité est essentiellement nocturne. Pendant cette période, elle présente une couleur générale grisâtre, plus ou moins foncée ou contrastée. Une ligne dorsale plus claire est visible, s'arrêtant sur l'éperon dorsal. Généralement une ou plusieures éclaircies latérales apparaissent sur les derniers segments. A terme, la chenille mesure presque 50 mm.

La nymphose a lieu dans un cocon lâche parmi des brindilles ou des rameaux, non loin du sol. L'imago éclot assez rapidement (moins d'un mois plus tard).

Est-il menacé ?

Le petit nombre de populations connues est évidemment un facteur de vulnérabilité. Par ailleurs, ce Géomètre étant strictement inféodé à une plante unique, héliophile, il ne résisterait pas à un refermement du milieu. Il faut donc absolument prendre des mesures pour éviter que ses localités continuent d'être envahies par les peuplements de résineux.