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Les lépidoptères en Haute-Loire

Noctuidae Amphipyrinae

Asteroscopus sphinx Hfn. ( = Brachionycha sphinx)

La Noctuelle-Sphinx, la Noctuelle de Cassini

Nourriture de la chenille : Différents feuillus


Références : Liste Leraut 1997 : n°4568 / Guide Robineau (2007) : n°1052

Asteroscopus sphinx Hfn. adulte - ©Philippe Mothiron
Verneuil-sur-Seine (Yvelines), 9 novembre 2005. Photo Philippe Mothiron

Etat carte : à actualiser

Voir texte ci-dessous

A propos des cartes


Répartition française : Probablement toute la France continentale.

Pour en savoir plus...

Comment le reconnaître ?

Il s'agit d'une Noctuelle assez grande (envergure 42-50 mm). En France, l’espèce ne peut être confondue avec aucune autre, surtout à l’époque ou elle vole (fin d’automne).

Pour la culture de nos cyber-lecteurs, signalons toutefois qu’une autre espèce, extrêmement voisine, vole en Europe centrale : Brachionycha (=Asteroscopus) syriaca. Cette dernière espèce se distingue (avec un peu d’habitude !) par une teinte générale tendant vers le gris-bleuté, des dessins plus fins et une tache discale plus allongée aux antérieures. En principe, la population la plus proche de cette espèce vit en Hongrie, ce qui semble nous mettre à l’abri d’une invasion, mais sait-on jamais ? On a bien découvert en France, il y a quelques années, une Noctuelle qui était dans le même cas (Parexarnis fugax).

La Noctuelle-Sphinx varie quelque peu d’un individu à l’autre. Les variations concernent surtout la taille et la netteté des dessins.

La femelle (en bas) se distingue (assez classiquement) du mâle (en haut) par sa taille généralement supérieure, ses antennes filiformes et par son abdomen plus volumineux.


Où, quand, comment le rencontrer ?

La Noctuelle-Sphinx est largement répandue dans les forêts de feuillus, où elle est souvent commune. Elle se trouve probablement dans toute la France continentale (dans l’état actuel de nos connaissances). En tout cas, elle s’étend en France beaucoup plus à l’ouest que ne le laissent supposer certains ouvrages récents (Ronkay, 1995) puisque nous avons trouvé sa chenille dans le Finistère.

Le papillon vole surtout d’octobre à décembre, en une seule génération annuelle. Sa période de vol peut être assez étendue, en fonction des épisodes météorologiques. Il arrive même, exceptionnellement, qu’on puisse la rencontrer encore au printemps.

L’espèce peut être localement commune. L’attraction lumineuse est quasiment l’unique moyen pour observer le papillon adulte. Les femelles sont attirées plutôt en début de nuit, les mâles souvent beaucoup plus tard et en plus grand nombre. L’imago ne se nourrit pas, étant dépourvu de trompe.

La chenille se rencontre fréquemment au mois de mai (voir ci-dessous).


Premiers états

Les oeufs hibernent et éclosent avec les premiers bourgeons.

La chenille vit isolément au printemps sur une large gamme d’arbres et d’arbustes : citons notamment le Chêne, la Bourdaine, le Cornouiller, la Bruyère. Elle arrive à sa taille maximale généralement à la fin du mois de mai (en région parisienne).

Elle est très peu variable : sa robe au dernier stade est d’un immuable vert clair. Elle porte sur le dernier segment une protubérance arrondie (à ne pas confondre avec celle de la Pyramide, nettement pointue). Deux lignes jaunes claires longitudinales, dont une, généralement plus marquée, au niveau des stigmates. Ces derniers sont bien visibles (blanc pur finement cerclé de bleu).

C’est la chenille qui a donné son nom latin au papillon. En effet, lorsqu’elle est dérangée, elle rejette sa tête en arrière, jusqu’à aller presque toucher son segment anal, tout en « hérissant » ses trois paires de (vraies) pattes. Cette posture caractéristique évoque la position du Sphinx égyptien.

La nymphose a lieu dans le sol. La chrysalide attend donc près de six mois pour libérer le papillon.


Est-il menacé ?

Pas de menace sur cette espèce largement distribuée, inféodée à un type de milieu répandu, et assez polyphage.